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Les élèves de Littérature et Société à l’Opéra de Lyon

par Emmanuelle Mathieu

Grâce à une généreuse subvention de la Région (600 euros), deux groupes de « Littérature et Société » ont pu bénéficier du dispositif « Lycéens à l’Opéra », qui leur a permis de se rendre à Lyon pour découvrir le Musée des Tissus et assister à un ballet de danse contemporaine à l’Opéra de Lyon. Récit de leur sortie.

Le Musée des Tissus de Lyon nous ouvre les portes de l’histoire du costume

Le musée des tissus a servi d’introduction pour différents ballets présentés à l’Opéra de Lyon, le soir même de la visite. Ce musée présente des robes de diverses époques, mais aussi des robes d’exposition de grands créateurs jamais portées.

Cette visite nous a permis de retracer l’histoire du métier à tisser et nous avons notamment appris que la soie provient de vers à soie que l’on tue pour récupérer leur fil, technique inventée en Chine il y a fort longtemps.

Lors de la visite, nous avons pu faire un rapprochement entre les cours de Littérature et Société (pendant lesquels nous avons réfléchi au corps et à ses représentations) et l’évolution des robes qui amènent plus de liberté pour le corps de la femme. La conférencière a rappelé l’histoire du costume féminin : les premières robes étaient lourdes et volumineuses à porter. Elles se composaient de trois pièces : une jupe, un manteau et une pièce d’estomac, cousue aux deux premières. De plus, le corps piqué (corset) permettait d’affiner la silhouette des femmes pour ainsi mettre la poitrine en évidence. Le panier donnait des hanches volumineuses, signe de fécondité.

Nous avons retrouvé ces robes à panier dans le spectacle de Jiri Kylian qui les utilise en les mettant sur roulettes, ce qui permet aux danseuses de jouer avec elles tout en interrogeant le spectateur : les femmes sont-elles aujourd’hui encore emprisonnées dans une mode vestimentaire ? La mode évolue ensuite vers des robes qui prennent beaucoup de légèreté et soulagent le corps de la femme, à partir du XIX siècle.

Si les vêtements féminins et masculins sont très différents en Europe, en revanche, les kimonos japonais ne font pas de différence entre les sexes, c’est ce que nous avons pu constater en observant ces très beaux vêtements.

Enfin, l’exposition s’est achevée par une mise en parallèle des robes anciennes avec des robes actuelles, réalisées par de grands couturiers : il était intéressant de voir comment ces artistes s’inspirent du passé pour créer.

201 et 214 (Groupe Littérature et Société)

Les surprenantes représentations de danse contemporaine du ballet de Lyon

Pour cette soirée du 24 avril 2018, Johan Inger et Jiri Kylian offrent au public des représentations de danse contemporaine remarquables passant de « Under a day », à « No more play » pour finir par « Petite mort ».

Johan Inger : une recherche de soi

La pièce commence avec une bande-son simulant des bruits de public, cela donne l’impression que ces bruits viennent de la salle. Le décor blanc forme un contraste avec les vêtements colorés des danseurs qui entrent sur scène un par un. Ceux qui sont déjà présents forment un groupe et courent après les nouveaux arrivants. Cette ouverture semble être improvisée alors que tout est organisé au millimètre près.

Un sentiment d’impuissance gagne le spectateur face à ce chaos . L’interprétation de la chanson ’ Be my husband ’ de Nina Simone accompagne la progression de la recherche de possibilités relationnelles entre soi et l’être aimé .

Un danseur se déshabille , enfile une robe et danse avec un groupe de filles. C’est une recherche de son identité et de son genre. Les duos et solos suivants offrent une allégorie des attirances sexuelles et romantiques, sous toutes leurs formes.

Jiri Kylian : un jeu mystérieux suivi d’une jouissance artistique

Le chorégraphe tchèque Jiri Kylian né le 21 mars 1947 compose pour l’opéra de Lyon « No more play » une pièce qui, par sa musique stridente jouée par des violons, plonge les spectateurs dans une ambiance lourde et inquiétante, quitte à rendre mal à l’aise. Les danseurs mêlent des gestes aussi torturés que gracieux qui viennent amplifier l’atmosphère déjà pesante. La pièce était très centrée sur les jeux d’ombre et de lumière mais aussi les relations homme / femme.

Quant au deuxième spectacle de ce chorégraphe, « Petite mort », il débute par le silence et la présence, sur scène, d’hommes qui rythment la chorégraphie armés de fleurets : le premier plan leur est donc réservé. Ensuite, au second plan arrivent les danseuses qui portent des robes à roulettes leur servant de masques. Puis des dos vont se former : cela rend la chorégraphie remplie de souplesse et de moments intenses .

’Petite mort ’ (expression qui désigne l’orgasme) montre le désir et la pulsion qui font penser à l’acte sexuel : un mélange des corps , de rythmes et de souplesse. Les contacts entre danseurs se font nombreux, la chorégraphie entrant ainsi en résonance avec le titre. L’utilisation d’un grand drap noir projeté par les hommes permet de faire les échanges entre danseurs et danseuses qui arrivent ensuite sur scène : les spectateurs sont surpris de cette discrétion et de cette rapidité.

Cette pièce rend certains moments uniques, à en couper le souffle par leurs gestes pleins de grâce : c’est un spectacle qu’il faut voir absolument.

201 et 214 (groupe Littérature et Société)

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