Les Terminales L et L/ES à la Biennale d’Art Contemporain

(actualisé le ) par Danièle Mauffrey

Le 1er décembre 2015, les TL et TL/ES accompagnés de leurs professeurs de philosophie et de littérature se sont rendus à la Sucrière à Lyon afin de visiter ce lieu consacré à la Biennale d’art contemporain. Le thème de cette 13ème Biennale est "La Vie moderne" et les élèves ont été sensibles aux interrogations contemporaines soulevées par les artistes à travers leurs œuvres. Certains élèves ont voulu faire partager leurs impressions et leurs émotions à l’issue de cette visite. Voici un florilège d’articles à propos des œuvres qui les ont marqués.
Bonne lecture !

Aura, Céleste Boursier-Mougenot

Nous pouvons trouver une batterie couleur dorée dans une piste de forme circulaire de couleur crème. Un projecteur se trouvant au-dessus rend l’œuvre chaleureuse. Sur le côté de la batterie nous pouvons voir un détecteur d’ondes téléphoniques : à partir d’un certain seuil d’ondes, le tuyau au dessus de la batterie laisse échapper des noyaux de cerises propres.
Au début de l’exposition, aucun noyau n’était présent sur la piste. Après 2 mois, le 1er décembre 2015, les noyaux recouvraient les pieds et commençaient à recouvrir les percussions.
Nous pouvons donc essayer d’expliquer cette œuvre dans le sens où la technologie efface l’art réel.
Article de JulieTaranto, Camille Ringelberg et Fanny Bourne-Branchu Terminale L

Mesk Ellil, Hicham Berrada

L’œuvre que j’ai préférée lors de la visite de la sucrière à l’occasion de la biennale d’art contemporain est le jasmin de nuit. Le long d’un couloir sombre, quatre cloisons, posées les unes à côté des autres, entouraient des vitrines où l’on voyait des jasmins de nuit pousser et s’ouvrir. Éclairés seulement par des néons bleus, plongés dans une salle quasiment noire, cette œuvre fait appel à différents sens et laisse le visiteur voyager et se faire guider par l’odeur de ses jasmins dans un premier temps. Le visiteur se laisse ensuite surprendre par une nature artificielle et contrôlée. Ici réside l’originalité de l’œuvre, elle est à la fois agréable et surprenante voire horrifiante suite au constat du contrôle de l’homme sur la nature.
Jessy Bensaadi, TLES

AAA, Maria Abramovic et Ulye

« Tout ce qui est utile est laid ; il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien » a dit Théophile Gautier dans sa préface à Mademoiselle de Maupin.

Les télés AAA, œuvres de Maria Abramović et Ulye, considérées comme des œuvres d’art contemporain, n’ont pour nous, aucune utilité artistique
Cette œuvre est constituée d’un ensemble d’anciennes télévisions. Sur chaque écran apparaissent les deux artistes dans différentes vidéos. L’une d’entre elles les montrait cheveux noués assis dos à dos et filmés 17 heures durant immobiles. Une autre les représentait se hurlant au visage tout en se rapprochant de plus en plus.

Alors, pourquoi de telles « œuvres » ?
Nous nous interrogeons toujours ! Nous n’adhérons pas au travail de ces artistes, qui pour nous, ressemble plus à des expérimentations sur les limites de l’être humain qu’à une œuvre d’art véritable. Nous ne nous trouvons que témoins d’une scène de ménage étrange dont ne saisissons pas le sens. De plus, l’absence de mise en scène manifeste nous amène à nous questionner sur l’intérêt de ces scènes filmées.
 Subsiste toujours, au final, la question : qu’est-ce que l’art ?

Hélène Carlo, Claire Guillon, Clara Pozzetto (TL et TL/ES)

Tony Oursler, Weak-classifers

L’œuvre d’art qui nous a le plus plu c’est la salle où il y a des visages qui sont projetés au plafond et nous nous sommes couchés sur des sortes de fauteuil afin de pouvoir les regarder. On a regardé la projection de plusieurs visages avec un fond sonore assez étrange, futuriste. Les visages avaient une reconnaissance faciale sur eux, comme des pointillés qui représentaient les traits du visage qui sont utilisés pour les reconnaissances faciales, ce qui symbolise la génération d’aujourd’hui avec la présence des réseaux sociaux. On a bien aimé l’ambiance, c’était chaleureux, calme, et reposant. Le fait de se sentir ’’tout petit’’ était intéressant puisque le plafond était vraiment très haut et qu’on se sentait petit, ce qui donnait une impression assez étrange mais très intéressante. Le fait que la pièce soit fermée dans le noir avec des touches de couleurs au plafond était agréable, mais à la fois effrayante car elle signifie que dans les années à venir, nous serons tous fichés, on ne pourra plus passer incognito !

Margaux Michel et Marion Peugnet (TL)Biennale d’Art Contemporain : La vie Moderne

Running al fresco Michel Blazy (2015)

Nous nous trouvions alors au troisième étage de la Sucrière et tout de suite, une œuvre nous interpella. Elle se présentait comme un bas-relief, à même le mur blanc de la pièce et sera détruite à la fin de l’exposition. Face à nous, un amoncellement de boyaux multicolores s’étalait. En se reculant de quelques mètres, nous remarquâmes alors que l’amoncellement prenait la forme d’une basket d’une précision surprenante. Cette œuvre s’étalait sur cinq mètres de long, et environ trois mètres de haut. Elle était évolutive par un concept de colorisation, et composée de coton recouvert de plâtre blanc. Une minuterie organisait l’écoulement de pigments naturels, plus exactement des colorants alimentaires, par deux fins tuyaux. Goutte à goutte, et avec diverses changements de couleur, la peinture se répand sur la chaussure, sans oublier quelques changements dans la position des tuyaux. A notre visite, la chaussure était presque entièrement coloriée, exceptée l’avant. Ainsi, nous pourrions retourner à la biennale dans quelques jours, nous y découvririons une œuvre différente, du fait de la couleur et des moisissures naissantes. La peinture s’écoule donc peu à peu sur la chaussure, tout comme le sable s’écoule dans le sablier, symbolisant le temps qui passe.
Nous pensons que la chaussure est la symbolique de notre époque, et plus particulièrement de notre société de consommation. Ainsi, le temps s’écoule sur la chaussure, pouvant aussi représenter l’obsolescence programmée : principe né de la société de consommation. En effet, quand la chaussure sera entièrement peinte, elle sera arrivée en fin de vie. Selon nous, c’est ainsi qu’une critique de notre société est portée par l’œuvre. C’est ce message véhiculé de manière originale qui nous a plu et que nous voulions vous faire découvrir.

Le 3 décembre 2015
Amélie et Talia, de la T-L/ES (mais plutôt L que ES)

En annexe, une petite biographie de Michel Blazy :

Michel Blazy est né en 1966 à Monaco ; vit et travaille à Paris.
Son travail est présent dans de nombreuses collections publiques dont le Musée national d’art moderne – Centre Pompidou, le Museum of Old and New Art (MONA), Tasmanie, le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, le Nouveau Musée National de Monaco.

" Ce qui m’intéresse se situe du côté de l’être vivant, dans sa fragilité aussi. ”

Depuis ses études dans les années 1990, l’artiste travaille sur l’exploitation de la matière et du vivant. Privilégiant des matériaux humbles généralement issus de son quotidien, produits que l’on peut trouver dans la cuisine (gobelets en plastique, papier essuie-tout, colorants alimentaires, détergents, etc.) ou éléments vivants provenant du jardin. Michel Blazy donne à voir des propositions libres et évolutives qui revendiquent le passage du temps. Ses œuvres mettent à l’honneur les mutations de la matière et laissent place au hasard et à l’imprévisible. L’artiste donne l’impulsion première, la matière fait le reste, évoluant et se transformant dans l’espace-temps de l’exposition, en fonction de ses propriétés. Critiquant toujours avec humour et poésie la surconsommation contemporaine, son travail remet non seulement en question le statut d’œuvre d’art mais nous propose une alternative réconciliant l’artificiel et le naturel, l’univers technologique et le monde du vivant.
Michel Blazy, un artiste que vous ne pourrez pas détester !